Recherche

PENN-AR-WAX

Blog Vinyles & Labels

Manchester City Music – John Robb

Une ville en déshérence, une forte conscience ouvrière, un certain goût pour la musique noire américaine, une époque où le « do it yourself » fait dégager les virtuoses… à l’énergie. Au milieu des années 70, à Manchester comme ailleurs, le punk va tout balayer sur son passage. Mais si l’électrochoc ne durera pas plus de dix-huit mois, il aura à Manchester un impact immense sur une communauté étroite de musiciens en devenir. La légende raconte que les futurs grands de la scène mancunienne assistaient tous au même concert des « Sex Pistols » en 1976… On ne sait pas si John Robb, leader des Membranes et auteur de l’ouvrage « Manchester City Music », était dans l’assistance. Son livre donne la parole aux autres. Et parce qu’il était l’un d’entre eux, les langues se délient. Les interviews s’entrecroisent dans un astucieux découpage chronologique que viennent compléter de rares commentaires de contexte.

From Punk to Dance

La fièvre de la Northern Soul laissera place à l’énergie punk des Buzzcocks, dont l’un des membres s’écartera aussitôt pour développer ce qui deviendra le post-punk (Magazine). Le krautrock allemand aura une forte influence sur les suivants, The Fall, notamment ou encore Joy Division, qui provoquera successivement fascination et sidération (après le suicide de son leader, Ian Curtis). Les Smiths naîtront de l’association d’un gamin guitariste virtuose et d’un poète mi romantique mi ironique, tandis que des styles parfois antagonistes s’égayeront rapidement des salles de répétition des quartiers (abandonnés par les habitants) occupés par les squats en tous genres : tendance noise, tendance jazzy, tendance funk… Les survivants de Joy Division, en créant New Order, prendront le virage de l’électro et de la  » dance music », préparant le terrain à la génération suivante, géniale et maudite, celle des Happy Mondays et des Stone Roses.

Toute cette révolution se déroule sous le regard et sous l’impulsion bien souvent du journaliste Tony Wilson, observateur, complice et grand ordonnateur de Factory Records. La maison de production fera naître la plupart de ces talents, leur donnant toujours raison, au point de développer un modèle économique impossible à tenir, qui se tarira dans l’apothéose de l’Hacienda, salle de spectacle et de distribution de drogues en tous genres… La bonne vieille recette des années 80 – organiser un concert de New Order pour renflouer les caisses – ne suffira pas à maintenir à flot le navire dans les années 90, au moment où les deux frères Gallagher créent Oasis, la dernière – l’ultime – merveille de la pépinière.

Local to Global

Nul besoin de franchir le Channel et de s’enfoncer dans les routes britanniques pour sentir l’ambiance de la ville. Ici, elle est portée par les souvenirs des membres d’une communauté géniale et décalée, les Pete Shelley, Johnny Marr, Peter Hook, Noel Gallagher, connus dans le monde entier, mais aussi parfois par des inconnus, qui se placent à leur hauteur. Mais à Manchester cet exercice parait plus simple qu’ailleurs, la scène semblant se confondre avec l’itinéraire des gens normaux. Le plus bel exemple étant Bez, membre a part entière des Happy Mondays, dont le rôle était simplement de bouger sur scène pour attirer les regards des spectateurs sur lui et les détourner du chanteur, Shaun Ryder, peu confortable dans le rôle leader charismatique.

« Manchester City Music » est un formidable panorama de la création musicale telle qu’elle s’exerçait à Manchester, entre le départ des classes moyennes vers les quartiers périphériques dans les années 60 et l’arrivée des classes moyennes supérieures – la fameuse gentrification – au milieu des années 90, sous l’impulsion d’une nouvelle politique d’urbanisation. 1976-1996, vingt ans d’un bouleversement dans la ville, d’un feu d’artifice de créativité dans les faubourgs et d’une viralité dans le monde entier. Pour longtemps.

« Manchester City Music » – John Robb – Édition Rivages Rouge

 

Publicités

Les disquaires en Bretagne : 2 / Morbihan

Second chapitre du tour d’horizon des disquaires en Bretagne (voir le premier ici, le Finistère).

  1. Corner Records / Lorient

Acheter un disque à Lorient relève pour le rédacteur d’une madeleine façon Proust… Dans les années 80, au moins quatre disquaires indépendants dans le centre-ville : le sous-sol de la Bouquinerie, rue du port; au coin de la Place Jules-Ferry juste après l’enfilade bars; en face de l’actuel Espace Nayel, alors parking gratuit, et, jusqu’au milieu des années 80, rue de liège avec ses cabines d’écoute au fond du magasin…

C’est dans cette rue qu’est installé depuis quelques mois Corner Records. La localisation est excellente, en plein centre-ville et il n’est pas rare de voir entrer des personnes qui y voient une opportunités pour offrir une galette à un proche, sans rien y connaître. L’accueil y est spontanément chaleureux et les idées fusent. Ce qui n’empêche pas de passer à un autre client autrement plus connaisseur…

Une offre d’occasion diversifiée entre jazz, funk, rock, psyché… Ici le prix du marché est très étudié : ce qui signifie tarif plus élevé quand un original se présente. De plus en plus de proposition de réédition comme PMG, Everland Records ou encore Granit Records (voir ici). Entre l’occase et le neuf, de belles découvertes à faire.

Depuis 2017, le magasin produit des rééditions sous le label « Rebirth on Wax ». Numéro 1 : Georges-Édouard Nouel, « Chodo », album sorti en 1976 et illustré à l’époque par Wolinski. G.-E. N. est un fabuleux pianiste et percussionniste et le disque, porté par des percussions antillaises, à la vitalité des meilleures oeuvres de jazz. Il est pressé chez MPO.

Signes particuliers : une offre en library music et un peu de matériel hi-fi à vendre dans les coins.

https://www.facebook.com/cornerecords/

2. Bazoom Bd-Musique / Auray

Au centre-ville d’Auray, un magasin de bandes dessinées et musiques. Très bon accueil. Les bacs de vinyles sont au fond du magasin : de l’occasion et du neuf. Offre plutôt intéressante compte tenu du volume limité : quelques références en neuf issues Disquaire Day et des prix vraiment corrects (notamment en occasion – plutôt mainstream). Peu d’offres pointues semble-t-il (hors DD) mais quelques vinyles récents qui peuvent devenir rares dans les bacs ailleurs.

Typiquement le genre de magasin, tenu par des jeunes, sur deux marchés complémentaires, qu’on aime fréquenter et soutenir.

Signes particuliers : des prix sur les anciennes références du Disquaire Day; présent sur Facebook par un compte classique, pas une page… 

 

Les disquaires en Bretagne : 1 / Tout Commence en Finistère

Où trouver des vinyles en Bretagne ? Donner son avis comme client est facile mais totalement subjectif, alors petite précision sur le profil du client qui cause. Si vos critères sont différents, merci de cliquer ici.

Il recherche :

  • un panel d’offre qui va au-delà du mainstream pour quinquas (Led Zep, Beatles, Gainsbourg…), pour quadras (U2, Coldplay, Muse, NTM…) ou pour jeunes « analogistes » (Lana Del Rey, Daft Punk, Beyonce…)
  • un conseil qui élargit l’horizon, sans en mettre plein la vue (« il était le chauffeur du bassiste qui a failli faire une session avec les Bulldog Companion Inc. entre mars et avril 1987 lors de la tournée qui les a conduits à Tréflaouenan »)
  • à distinguer information et assertion (« c’est un label de voleurs, ils n’ont pas les droits, d’ailleurs la meilleure preuve, c’est que je ne les vends pas ! »)
  • des prix en cohérence avec l’état du disque et avec le marché
  • des références actuelles
  • éviter la nostalgie : tu achètes un album des années 70 pour l’écouter demain pas pour revenir à l’enfance (n’oublions pas le contexte de l’époque… Danièle Gilbert, Guy Lux, Maritie et Gilbert Carpentier n’ont pas éclairé que des lumières…)

TOUT COMMENCE EN FINISTÈRE

  1. TY BLURT / QUIMPER
Photo le Télégramme (cliquer sur la photo)

Sur le flanc est de la Préfecture de Quimper, l’incontournable des disquaires en Bretagne, Ty Blurt. Chapeau et clop au bec, Philippe se déplace dans son capharnaüm sans oublier de causer au client, avec un brin d’ironie. Je tente une référence (qu’il n’a pas) : deux minutes montre en mains et s’élève dans le magasin le son d’un artiste « dans le genre », qui aurait les mêmes influences. Je maugrée dans mon coin… bof… voilà le second album qui saute de la pochette à la platine. Ah ouais ! Bien ! Si tu repars les mains vides, c’est que tu n’aimes rien. Viens avec tes indices, Philippe s’occupe du reste.

Signes particuliers : beaucoup de rééditions prog et psyché et un bac spécial « tendances » portant la mention « Fuck the Disquaire Day ». Pour ce qui est d’internet, « work in progress »… Cohérent.

https://goo.gl/nWxYS8

2. L’OREILLE CASSÉE / BREST

En haut de la rue Jean-Jaurès (faut n’avoir jamais mis les pieds à Brest pour ne pas la situer), dans une rue perpendiculaire, une boutique d’occasion (mais des disques neufs néanmoins) qui propose des bandes dessinées, des dvd, des cd des vinyles et plein d’objets rigolos issus de la pop culture. Accueil sympathique. Réponses précises sur l’éventualité de trouver un disque ou de le commander. Pas très tourné vers le conseil. Se débrouiller soi-même en fouillant dans les bacs de vinyles d’occasion. Quelques références intéressantes également en neuf.

Signes particuliers : prix corrects. Parfois des promotions. Carte de fidélité.

http://oreillekc.com/

3. BAD SEEDS / BREST

Photo Ouest-France (cliquer sur la photo)

Dernier magasin apparu à Brest : continuer dans la rue de l’Oreille cassée, sur la place à quelques dizaines de mètres, après les gars qui jouent à la pétanque, le magasin « Bad Seeds ». Les mauvaises graines demandent un peu de tact et de patience communiquer avec le client. Magasin associatif et lieu de passage plutôt convivial dès qu’on montre un peu d’intérêt pour les créations d’aujourd’hui. Ce qui n’est pas toujours évident pour les quadras ou plus (non ?). Ils sont également producteurs dans le cadre de leur label « Music for the masses », mais contrairement à de nombreux disquaires qui s’écharpent autour de rééditions, il est ici question de productions actuelles (voir ici la présentation des Inrocks).

Signes particuliers : spécialisé dans les musiques actuelles, avec beaucoup de petits labels ; projet de label en cours pour le magasin.

4. DIALOGUES MUSIQUES / BREST

Photo Yelp

Une institution à Brest. Le grand libraire / disquaire de Bretagne, rue de Siam (tiens donc Monsieur le Marquis). Excellent pour les conseils et les musiques de toutes les époques. Une offre plus réduite en vinyles qu’en CD : « je l’ai en CD » est la réponse classique. Imbattable pour les prix, malheureusement pas dans le bon sens. Quelques références et labels plus rares dans les prix du marché.

Signes particuliers : compétences et professionnalisme. Une offre diversifiée, rock, jazz, world, funk… préférer les petits labels aux majors (prix moins compétitifs). Une partie du stock visible sur le site internet (voir plus bas).

https://www.dialoguesmusiques.fr/

4. BROCANTE ROCK’N BROC / DOUARNENEZ

Au centre-ville de Douarn’. Pas encore essayé.

https://www.facebook.com/rocknbroc/

 

Si vous avez une expérience différente ou plus complète avec ces revendeurs, n’hésitez pas à commenter !

VINYLES VERSION « E. LECLERC » EN BRETAGNE

Dans les années 90, en Bretagne et ailleurs, les centres E. Leclerc ont réalisé une spectaculaire OPA sur les produits culturels. Au retour du vinyle, leurs magasins sont très compétitifs sur les prix et certains d’entre eux ont un catalogue intéressant (c’est plutôt rare, malgré tout). Comment s’y retrouver avec leur étrange fonctionnement, à la fois collectif (catalogue en ligne) et individuel (une politique prix désordonnée).

Anecdotes

  1. Un produit, 30% d’écart de prix : Hennebont (56) le 9 juillet 2017, la réédition « Black Moses » d’Isaac Hayes est affichée 32€. À Quimper, le même jour, le même double album s’achète à 24,99 €.
  2. Début 2017, un disque d’un groupe rennais est affiché 10,99€ sur le site internet. Vous l’achetez en ligne, il est disponible sous 15 jours. Vous le commandez au magasin, même délais, mais il vous en coûtera 14,99€ au retrait du disque. Pourquoi ? Les prix en ligne sont totalement déconnectés des prix magasins. « Je ne sais pas comment ils font » fait remarquer le vendeur.
  3. Comment payer moins cher un disque dans leur catalogue ? Ne pas l’acheter en magasin dans le stock courant mais commander et payer en ligne, avec retrait gratuit. Ex. dernier disque d’Aquaserge, deux euros de différence entre le prix en ligne et celui du magasin qui l’a en stock. L’idéal est de jouer sur deux magasins proches.
  4. La base du catalogue des Espace Culturel Leclerc est la nostalgie pop-rock des années 70 et 80… Led Zep, Beatles, AC-DC… qui côtoient quelques références d’aujourd’hui. Ils usent jusqu’à la corde le concept de l’incontournable façon « Philippe Manoeuvre » et restent à tourner autour des mêmes artistes. Déprimant.
Isaac Hayes – « Black Moses » / Stock Espace Culturel Quimper le 9/07/17

Synthèse (réactualisation janvier 2018)

Le groupement d’achat E. Leclerc gère le catalogue en ligne et, sur le terrain, votre Centre E. Leclerc fait ce qu’il veut. Les prix y sont globalement très compétitifs (sauf à Hennebont). Si demain, la tarification est lissée par le haut, c’est évident que les amateurs se replieront sur les indépendants. L’idée est de mixer ces gros faiseurs avec des vrais spécialistes pour élargir son spectre de recherche.

Fin 2017, changement de dispositif en ligne, qui prend encore plus de distance avec les magasins. Totalement déconnecté des stocks physiques locaux, il est désormais impossible de savoir si le commerce d’à côté dispose de la dernière compilation « Soul-Jazz ». Les vendeurs ne peuvent dire si un achat en ligne a ou n’a pas d’impact sur le résultat du magasin. Ce qui est un point essentiel, sinon autant acheter en ligne… ou encore mieux chez le disquaire local.

À noter, un service client complètement « à l’ouest » : pour deux disques commandés trois mois auparavant et non livrés, réponse : « ils sont disponibles », sachant que l’un ne l’était pas pour le client. Annulation de la commande et recours à Dodax, livraison assurée en dix jours.

Avis client

Pour circuler beaucoup en Bretagne et parfois hors de Bretagne, voici quelques retours sur les espaces culturels et leurs pratiques si différentes. Par ordre du préférence.

  • Hors catégorie : Landerneau

Un fond de catalogue qui se renouvelle régulièrement, avec une profondeur intéressante pour la taille du rayon. Il peut arriver qu’on découvre à Landerneau des artistes qu’on ne connait pas ! Offre jazz plutôt intéressante comparée aux autres collègues (y compris contemporains, pas uniquement Miles). Parfois, apparition de petits labels. Compliqué de prendre à défaut les responsables du rayon. Ils maîtrisent parfaitement ce qu’ils mettent en vente. En période de soldes, des vraies soldes. Le magasin qui se rapproche le plus d’une démarche de disquaire.

  • Catégorie « Pléthorique » : les magasins autour de Nantes

Grand choix sur les blockbusters du moment. Quelques labels plus rares (Death Waltz, par exemple), tout en restant globalement sur l’offre mainstream. La taille du rayon permet de retrouver quelques musts trois ou quatre années après leurs sorties (J. Newsom, Morrissey…)

Isaac Hayes – Black Moses / Stock Espace Culturel de Hennebont le 09/07/17
  • Catégorie « Étonnant » : Plougastel

Un rayon des sorties et ressorties plutôt pauvre mais une offre équivalente de disques « bon marché », avec parfois des perles : Double album live de J. Healey Band à 10€, nombreuses rééditions « Music on Vinyl » ou encore parfois des invendus de petits labels (Guerssen). Se méfier des achats d’impulsion : parfois ce n’est pas un hasard si le disque n’est pas cher…

  • Catégorie « Sur un malentendu » : Morlaix

En gros, le standard (voir plus bas), accompagné de quelques curiosités. Le label allemand de jazz « ACT » y est présent mais avec une artiste, Youn Sun Nan, pas deux. Quelques « Ethio-Jazz » malgré tout, même s’il est rarement d’aller au delà des plus connus (Miles, Hancock…). Pour le rock, même histoire, avec quelques exceptions notables mais noyées dans la masse. Sur un malentendu, en prenant le temps de chercher, quelques bonnes surprises.

  • Catégorie « Mal de dos » : Saint-Brieuc

Une présentation des disques basée sur les promotions des majors, qui sont mises en avant. Les sorties du moment sont disposées dans des étagères profondes. Tous les blockbusters ont leur place à hauteur d’homme, par noms figurant sur des intercalaires. Si vous cherchez autre chose, la recherche se fait le dos cassé en deux, sur l’étagère du bas. Parfois quelques raretés, notamment au moment du festival « Art Rock ».

  • Catégorie « Standard » : Quimper, Brest, Lannion

Une offre attendue. Les prix parfois plus élevés (I. Hayes – voir illustration – moins cher à Quimper, excellente nouvelle !). L’offre s’aventure rarement au delà de ce qui se vend sur le moment.

  • Catégorie « Pauvre » : Pontivy, Carhaix, Guingamp

Une offre rachitique. Vive les Rolling Stones, Indochine, Renaud, Led Zeppelin ! Miles ? On oublie.

  • Catégorie « À éviter » : Hennebont

No comment. Voir plus haut.

 

L’alternative indépendante en Bretagne (des articles suivront)

Pour rappel, la Bretagne propose une offre conséquente de disquaires indépendants. Disposant parfois de peu de choix en occasion, les rééditions sont souvent le recours.

Par ordre de préférence :

  • Ty Blurt, Quimper : incontournable
  • Blind Spot, Rennes : excellents conseils
  • Métropolis Records, Saint-Nazaire
  • Corner Records, Lorient
  • Mélomane, Nantes
  • L’Oreille Cassée, Brest
  • Bad Seeds, Brest
  • Dialogues Musiques, Brest
  • Rock’n Bones, Rennes

Article sur les disquaires du Finistère : cliquer ici.

Et pendant ce temps, à la FNAC… (réactualisé janvier 2018)

De plus en plus de points de vente pour la FNAC en Bretagne, dans le cadre d’un partenariat avec Intermarché. Des rayons vinyles parfois indigents (dans les petits points de vente). Des prix plus élevés que chez le distributeur de Landerneau, sauf sur les promos « étiquettes vertes » (éventuellement). Étrangement, la FNAC fait aussi parfois d’excellents prix sur des rééditions Demon Records d’artistes britanniques (Ian Dury, Jesus and Mary Chain, Suede…).

Les points de vente sont surtout des relais colis pour les ventes en ligne. À voir sur le market place, parfois de bonnes opportunités.

DIG#2

Version vidéo du blog, à partir de la chaîne Youtube « Penn Ar Wax 29 » (abonnez-vous !). Deux angles : les nouveaux disques dans la collection (DIG#x) et retour sur les précédentes acquisitions (REWIND#x). N’hésitez-pas à commenter ici ou là.

Lizzy Mercier Descloux #5 Suspense

Le dernier album de Lizzy Mercier-Descloux s’appelle Suspense. C’est le premier qu’elle fera sans Esteban et se passera également de Kidron, pour se tourner vers Marc Cunningham (ami de New-York, du groupe avant-garde Mars).
Il faut être prudent sur les qualificatifs quand on parle de cet album. Est-il moins bon que les autres ? A croire Michel Esteban c’est le cas mais comment lui reprocher de s’écarter d’un projet dont il a été absent. Pour la première fois, il y avait une vraie pression du label (EMI) qui voulait un hit après l’échec du précédent album. Mais LMD n’est pas une usine à tubes…
C’est sans doute l’album où sa voix a gagné en nuances et qualités. Les compositions sont sans doute moins inspirées. Mais, un disque de Lizzy Mercier-Descloux reste supérieur à tant de musiques qui lui sont contemporaines !
Au final, l’échec commercial du projet va écarter définitivement LMD des studios d’enregistrement. Elle se tournera vers la peinture et se retirera en Corse.
D’elle, ses amis diront que sa plus belle œuvre était sa façon de vivre, son originalité, sa vision, son comportement. Sa musique en est un magnifique témoignage et elle est posée sur une étagère, à portée de mains. En cas de besoin…
Excellents pressages et travail éditorial réalisé par Light In The Attic. À redécouvrir.

Lizzy Mercier-Descloux #4 – One For The Soul

Après le succès du précédent album, enregistré en Afrique du Sud, Lizzy Mercier-Descloux signe avec Polydor et n’a jamais été aussi « bankable ». Mais son projet de mêler cajun de New-Orleans avec musique de Soweto ne verra jamais le jour. Le gouvernement sud-africain refusé le visa de sortie aux musiciens… « Nous étions à sec » dit son producteur Michel Esteban, « plus aucune idée ».
Le Brésil sortait de deux décennies de dictature et apparaissait soudainement comme une nouvelle terre de conquête. Le prochain album se fera donc à Rio de Janeiro. « Moins pour faire de la musique brésilienne que pour y insérer des petites touches locales très discrètes  » indique le producteur.
LMD s’est moins abandonnée au Brésil qu’elle ne l’avait fait à Johannesburg où aux Bahamas. L’idée est de partir sur sa propre signature et de s’orienter comme le suggère le titre vers la soul, le blues et finalement vers le jazz, en arrière plan, avec un invité de marque, Chet Baker.
Toute l’équipe était fan du trompettiste. Contacté alors qu’il donnait un concert à proximité, il accepta de jouer sur cinq morceaux, particulièrement sur Fog Horn Blues. C’est ce projet de chanson qui leur donna l’idée folle d’inviter Chet au studio Polygram de Rio.
Adam Kidron, compagnon de Lizzy, est une nouvelle fois producteur des musiques. Tous évitent de refaire le disque africain et le chant de Lizzy devient moins brut, plus travaillé, plus « soul ». Mais pas autant qu’espéré par le reste de l’équipe. Kidron se rappelle : Lizzy était très instinctive et refusait de faire beaucoup d’enregistrements de la même chanson. De son côté Chef Baker était très diminué par la consommation de drogues depuis tant d’années.
Michel Esteban n’est pas satisfait du résultat et envisage de remixer l’album. Kidron et Mercier-Descloux se brouillent et ne se parleront plus pendant plusieurs années. Au final, pour la première fois, LMD envisageait de faire sans Michel Esteban.

Lizzy Mercier-Descloux #3 « Mais où sont passées les gazelles ? »

Deux ans avant le Graceland de Paul SIMON, Lizzy Mercier-Descloux sort en 1984 un album enregistré dans le quartier de Soweto en Afrique du Sud. La production revient à Adam Kidron, son ami de l’époque. Michel Esteban assumant la coordination. Il y a trois façons d’entrer dans cette album : La politique… sessions d’enregistrement à Johannesburg ; La Française… c’est le disque du tube « Mais où sont passées les gazelles ? » comptines enfantines que les mamans achetaient en masse pour leurs enfants qui aimaient les animaux ; La musicale… LMD signent toutes les paroles et laissent parfois la composition aux musiciens locaux, ce qui donne parfois un faux airs de Johnny Clegg, devenu star mondiale deux ans plus tôt.
Le succès inattendu des Gazelles lui permet de sortir sous le label CBS. Le succès public se complète par les compliments des critiques rock : elle reçoit le Bus d’Acier 1984 au titre de meilleur album de l’année, des mains d’Alain Bashung (précédent lauréat). Décerné par La critique rock jusqu’en 1990, on disait de ce prix qu’il était le  » Goncourt du Rock ».
Pour enchaîner dans la même veine, les musiciens de Soweto devaient l’accompagner dans un second projet, mêlant cette fois musique sud-africaine et cajun de La Nouvelle-Orleans, mais les autorités sud-africaines refusèrent les visas aux musiciens. La future destination sera le Bresil…

Lizzy Mercier Descloux #2 : Mambo Nassau

Au début des années 80, Lizzy Mercier-Descloux et son producteur Michel Esteban quittent New-York pour des aventures plus exotiques. Arrivés, pensent-ils, à la fin d’un cycle, ils partent aux Bahamas, dans la capitale Nassau, moins pour le dynamisme musical du coin, que pour rejoindre le studio Compass Point qui appartient alors à Chris Blackwell (le créateur d’Island Records).
Produit par le jamaïcain Steve Stanley, elle est accompagnée de Wally Badarou, musicien (synthétiseur) du studio, français d’origine béninoise et du bassiste Philippe Le Mongne (futur Taxi Girl). Ils signeront avec elle une partie des musiques.
L’ambiance à Nassau est plutôt relâchée lors de l’enregistrement. Pas de pression. Entre deux prises, les musiciens n’hésitent pas à aller plonger dans l’océan tout proche. Le studio est fortement imprégné des rythmes syncopés à la Tom Tom Club (section rythmique du Talking Heads) ou des ambiances cool et funky du pape de la Blue eyed soul (voisin du studio), Robert Palmer.
Le résultat est un savant mélange de funk, jazz, new-wave et rythmes caraïbes. Wally Badarou témoigne :  » La musique était écrite et retravaillée au fur et à mesure de l’enregistrement. C’était une sorte de ping-pong collectif, entre le producteur Steve, Lizzy, Michel et moi. T’essaies un truc. Les autres te répondent On garde ça ! « 

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑