Recherche

PENN-AR-WAX

Blog Vinyles & Labels

Auteur

seizebreizh

VINYLES VERSION « E. LECLERC » EN BRETAGNE

Dans les années 90, en Bretagne et ailleurs, les centres E. Leclerc ont réalisé une spectaculaire OPA sur les produits culturels. Au retour du vinyle, leurs magasins sont très compétitifs sur les prix et certains d’entre eux ont un catalogue intéressant (c’est plutôt rare, malgré tout). Comment s’y retrouver avec leur étrange fonctionnement, à la fois collectif (catalogue en ligne) et individuel (une politique prix désordonnée).

Anecdotes

  1. Un produit, 30% d’écart de prix : Hennebont (56) le 9 juillet 2017, la réédition « Black Moses » d’Isaac Hayes est affichée 32€. À Quimper, le même jour, le même double album s’achète à 24,99 €.
  2. Début 2017, un disque d’un groupe rennais est affiché 10,99€ sur le site internet. Vous l’achetez en ligne, il est disponible sous 15 jours. Vous le commandez au magasin, même délais, mais il vous en coûtera 14,99€ au retrait du disque. Pourquoi ? Les prix en ligne sont totalement déconnectés des prix magasins. « Je ne sais pas comment ils font » fait remarquer le vendeur.
  3. Comment payer moins cher un disque dans leur catalogue ? Ne pas l’acheter en magasin dans le stock courant mais commander et payer en ligne, avec retrait gratuit. Ex. dernier disque d’Aquaserge, deux euros de différence entre le prix en ligne et celui du magasin qui l’a en stock. L’idéal est de jouer sur deux magasins proches.
  4. La base du catalogue des Espace Culturel Leclerc est la nostalgie pop-rock des années 70 et 80… Led Zep, Beatles, AC-DC… qui côtoient quelques références d’aujourd’hui. Ils usent jusqu’à la corde le concept de l’incontournable façon « Philippe Manoeuvre » et restent à tourner autour des mêmes artistes. Déprimant.
Isaac Hayes – « Black Moses » / Stock Espace Culturel Quimper le 9/07/17

Synthèse

Le groupement d’achat E. Leclerc gère le catalogue en ligne et, sur le terrain, votre Centre E. Leclerc fait ce qu’il veut. Les prix y sont globalement très compétitifs (sauf à Hennebont). Si demain, la tarification est lissée par le haut, c’est évident que les amateurs se replieront sur les indépendants. L’idée est de mixer ces gros faiseurs avec des vrais spécialistes pour élargir son spectre de recherche.

Avis client

Pour circuler beaucoup en Bretagne et parfois hors de Bretagne, voici quelques retours sur les espaces culturels et leurs pratiques si différentes. Par ordre du préférence.

  • Hors catégorie : Landerneau

Un fond de catalogue qui se renouvelle régulièrement, avec une profondeur intéressante pour la taille du rayon. Il peut arriver qu’on découvre à Landerneau des artistes qu’on ne connait pas ! Offre jazz plutôt intéressante comparée aux autres collègues (y compris contemporains, pas uniquement Miles). Parfois, apparition de petits labels. Compliqué de prendre à défaut les responsables du rayon. Ils maîtrisent parfaitement ce qu’ils mettent en vente. En période de soldes, des vraies soldes. Le magasin qui se rapproche le plus d’une démarche de disquaire.

  • Catégorie « Pléthorique » : les magasins autour de Nantes

Grand choix sur les blockbusters du moment. Quelques labels plus rares (Death Waltz, par exemple), tout en restant globalement sur l’offre mainstream. La taille du rayon permet de retrouver quelques musts trois ou quatre années après leurs sorties (J. Newsom, Morrissey…)

Isaac Hayes – Black Moses / Stock Espace Culturel de Hennebont le 09/07/17
  • Catégorie « Étonnant » : Plougastel

Un rayon des sorties et ressorties plutôt pauvre mais une offre équivalente de disques « bon marché », avec parfois des perles : Double album live de J. Healey Band à 10€, nombreuses rééditions « Music on Vinyl » ou encore parfois des invendus de petits labels (Guerssen). Se méfier des achats d’impulsion : parfois ce n’est pas un hasard si le disque n’est pas cher…

  • Catégorie « Sur un malentendu » : Morlaix

En gros, le standard (voir plus bas), accompagné de quelques curiosités. Le label allemand de jazz « ACT » y est présent mais avec une artiste, Youn Sun Nan, pas deux. Quelques « Ethio-Jazz » malgré tout, même s’il est rarement d’aller au delà des plus connus (Miles, Hancock…). Pour le rock, même histoire, avec quelques exceptions notables mais noyées dans la masse. Sur un malentendu, en prenant le temps de chercher, quelques bonnes surprises.

  • Catégorie « Mal de dos » : Saint-Brieuc

Une présentation des disques basée sur les promotions des majors, qui sont mises en avant. Les sorties du moment sont disposées dans des étagères profondes. Tous les blockbusters ont leur place à hauteur d’homme, par noms figurant sur des intercalaires. Si vous cherchez autre chose, la recherche se fait le dos cassé en deux, sur l’étagère du bas. Parfois quelques raretés, notamment au moment du festival « Art Rock ».

  • Catégorie « Standard » : Quimper, Brest, Lannion

Une offre attendue. Les prix parfois plus élevés (I. Hayes – voir illustration – moins cher à Quimper, excellente nouvelle !). L’offre s’aventure rarement au delà de ce qui se vend sur le moment.

  • Catégorie « Pauvre » : Pontivy, Carhaix, Guingamp

Une offre rachitique. Vive les Rolling Stones, Indochine, Renaud, Led Zeppelin ! Miles ? On oublie.

  • Catégorie « À éviter » : Hennebont

No comment. Voir plus haut.

 

L’alternative indépendante en Bretagne (des articles suivront)

Pour rappel, la Bretagne propose une offre conséquente de disquaires indépendants. Disposant parfois de peu de choix en occasion, les rééditions sont souvent le recours.

Par ordre de préférence :

  • Ty Blurt, Quimper : incontournable
  • Blind Spot, Rennes : excellents conseils
  • Métropolis Records, Saint-Nazaire
  • Corner Records, Lorient
  • Mélomane, Nantes
  • L’Oreille Cassée, Brest
  • Bad Seeds, Brest
  • Dialogues Musiques, Brest
  • Rock’n Bones, Rennes

 

La FNAC disqualifiée

Moins de points de vente, un rayon équivalent au Espace Culturel E. Leclerc et des prix plus élevés de quelques euros, acheter des vinyles dans un magasin FNAC en Bretagne est le signe d’une forte incompétence en arithmétique.

 

Publicités

DIG#2

Version vidéo du blog, à partir de la chaîne Youtube « Penn Ar Wax 29 » (abonnez-vous !). Deux angles : les nouveaux disques dans la collection (DIG#x) et retour sur les précédentes acquisitions (REWIND#x). N’hésitez-pas à commenter ici ou là.

Lizzy Mercier Descloux #5 Suspense

Le dernier album de Lizzy Mercier-Descloux s’appelle Suspense. C’est le premier qu’elle fera sans Esteban et se passera également de Kidron, pour se tourner vers Marc Cunningham (ami de New-York, du groupe avant-garde Mars).
Il faut être prudent sur les qualificatifs quand on parle de cet album. Est-il moins bon que les autres ? A croire Michel Esteban c’est le cas mais comment lui reprocher de s’écarter d’un projet dont il a été absent. Pour la première fois, il y avait une vraie pression du label (EMI) qui voulait un hit après l’échec du précédent album. Mais LMD n’est pas une usine à tubes…
C’est sans doute l’album où sa voix a gagné en nuances et qualités. Les compositions sont sans doute moins inspirées. Mais, un disque de Lizzy Mercier-Descloux reste supérieur à tant de musiques qui lui sont contemporaines !
Au final, l’échec commercial du projet va écarter définitivement LMD des studios d’enregistrement. Elle se tournera vers la peinture et se retirera en Corse.
D’elle, ses amis diront que sa plus belle œuvre était sa façon de vivre, son originalité, sa vision, son comportement. Sa musique en est un magnifique témoignage et elle est posée sur une étagère, à portée de mains. En cas de besoin…
Excellents pressages et travail éditorial réalisé par Light In The Attic. À redécouvrir.

Lizzy Mercier-Descloux #4 – One For The Soul

Après le succès du précédent album, enregistré en Afrique du Sud, Lizzy Mercier-Descloux signe avec Polydor et n’a jamais été aussi « bankable ». Mais son projet de mêler cajun de New-Orleans avec musique de Soweto ne verra jamais le jour. Le gouvernement sud-africain refusé le visa de sortie aux musiciens… « Nous étions à sec » dit son producteur Michel Esteban, « plus aucune idée ».
Le Brésil sortait de deux décennies de dictature et apparaissait soudainement comme une nouvelle terre de conquête. Le prochain album se fera donc à Rio de Janeiro. « Moins pour faire de la musique brésilienne que pour y insérer des petites touches locales très discrètes  » indique le producteur.
LMD s’est moins abandonnée au Brésil qu’elle ne l’avait fait à Johannesburg où aux Bahamas. L’idée est de partir sur sa propre signature et de s’orienter comme le suggère le titre vers la soul, le blues et finalement vers le jazz, en arrière plan, avec un invité de marque, Chet Baker.
Toute l’équipe était fan du trompettiste. Contacté alors qu’il donnait un concert à proximité, il accepta de jouer sur cinq morceaux, particulièrement sur Fog Horn Blues. C’est ce projet de chanson qui leur donna l’idée folle d’inviter Chet au studio Polygram de Rio.
Adam Kidron, compagnon de Lizzy, est une nouvelle fois producteur des musiques. Tous évitent de refaire le disque africain et le chant de Lizzy devient moins brut, plus travaillé, plus « soul ». Mais pas autant qu’espéré par le reste de l’équipe. Kidron se rappelle : Lizzy était très instinctive et refusait de faire beaucoup d’enregistrements de la même chanson. De son côté Chef Baker était très diminué par la consommation de drogues depuis tant d’années.
Michel Esteban n’est pas satisfait du résultat et envisage de remixer l’album. Kidron et Mercier-Descloux se brouillent et ne se parleront plus pendant plusieurs années. Au final, pour la première fois, LMD envisageait de faire sans Michel Esteban.

Lizzy Mercier-Descloux #3 « Mais où sont passées les gazelles ? »

Deux ans avant le Graceland de Paul SIMON, Lizzy Mercier-Descloux sort en 1984 un album enregistré dans le quartier de Soweto en Afrique du Sud. La production revient à Adam Kidron, son ami de l’époque. Michel Esteban assumant la coordination. Il y a trois façons d’entrer dans cette album : La politique… sessions d’enregistrement à Johannesburg ; La Française… c’est le disque du tube « Mais où sont passées les gazelles ? » comptines enfantines que les mamans achetaient en masse pour leurs enfants qui aimaient les animaux ; La musicale… LMD signent toutes les paroles et laissent parfois la composition aux musiciens locaux, ce qui donne parfois un faux airs de Johnny Clegg, devenu star mondiale deux ans plus tôt.
Le succès inattendu des Gazelles lui permet de sortir sous le label CBS. Le succès public se complète par les compliments des critiques rock : elle reçoit le Bus d’Acier 1984 au titre de meilleur album de l’année, des mains d’Alain Bashung (précédent lauréat). Décerné par La critique rock jusqu’en 1990, on disait de ce prix qu’il était le  » Goncourt du Rock ».
Pour enchaîner dans la même veine, les musiciens de Soweto devaient l’accompagner dans un second projet, mêlant cette fois musique sud-africaine et cajun de La Nouvelle-Orleans, mais les autorités sud-africaines refusèrent les visas aux musiciens. La future destination sera le Bresil…

Lizzy Mercier Descloux #2 : Mambo Nassau

Au début des années 80, Lizzy Mercier-Descloux et son producteur Michel Esteban quittent New-York pour des aventures plus exotiques. Arrivés, pensent-ils, à la fin d’un cycle, ils partent aux Bahamas, dans la capitale Nassau, moins pour le dynamisme musical du coin, que pour rejoindre le studio Compass Point qui appartient alors à Chris Blackwell (le créateur d’Island Records).
Produit par le jamaïcain Steve Stanley, elle est accompagnée de Wally Badarou, musicien (synthétiseur) du studio, français d’origine béninoise et du bassiste Philippe Le Mongne (futur Taxi Girl). Ils signeront avec elle une partie des musiques.
L’ambiance à Nassau est plutôt relâchée lors de l’enregistrement. Pas de pression. Entre deux prises, les musiciens n’hésitent pas à aller plonger dans l’océan tout proche. Le studio est fortement imprégné des rythmes syncopés à la Tom Tom Club (section rythmique du Talking Heads) ou des ambiances cool et funky du pape de la Blue eyed soul (voisin du studio), Robert Palmer.
Le résultat est un savant mélange de funk, jazz, new-wave et rythmes caraïbes. Wally Badarou témoigne :  » La musique était écrite et retravaillée au fur et à mesure de l’enregistrement. C’était une sorte de ping-pong collectif, entre le producteur Steve, Lizzy, Michel et moi. T’essaies un truc. Les autres te répondent On garde ça ! « 

Lizzy Mercier Descloux #1 Press Color (Light In The Attic – 2016)

En 2016, le label de Seattle « Light In The Attic » rééditait l’ensemble des cinq albums de Lizzy Mercier Descloux, la poétesse française, citoyenne du monde et auteure d’un hit en France en 1984, « Mais où sont passées les gazelles ? » Voici un regard sur ces albums basé principalement (mais pas uniquement) sur les notices intérieures des rééditions (Vivien Goldman et Jackson Heights, 2014). Premier album : Press Color en 1979. 

Au début des années 70, Lizzy Mercier habitait rue des Halles à Paris, avec son oncle et sa tante. Abandonnée par sa mère, elle ne connaissait pas son père, sinon son nom de famille, Descloux. Elle fera de son nom d’artiste Lizzy Mercier-Descloux en espérant attirer son attention.
En face de son appartement, un magasin de vêtements punk, tenu par Michel Esteban. Ensemble, ils vont s’envoler pour New-York et intégrer l’underground. Ils produiront, plusieurs années durant des chroniques sur la musique et les mœurs des jeunes artistes new-yorkais. Habitant la 14è rue avec notamment Patti Smith, LMD se fait remarquer par son attitude et ses vêtements inspirés des romantiques français.
Après une première expérience dans un duo entre punk et expérimentation, Rosa Yemen, elle sortira sous le label de Michel Esteban son premier disque en 1979 « Press Color ». Cet album, comme les quatre autres de LMD, est ressorti en vinyle sous le label américain Light In The Attic, en version 45 tours double (ici La version bleue). A La fin des années 70, dans le sillage de la vague punk, l’incompétence musicale est tendance. LMD et Michel Esteban enregistrent ce disque à New-York, dans un studio disco, mélangeant punk, funk, musique expérimentale et avec une tendance systématique à jouer avec les rythmes et les répétitions, à utiliser la voix comme un instrument. Le savant mélange est identifié aujourd’hui comme partie prenante du mouvement « No Wave » new-yorkais. Outre deux reprises de La musique de Mission Impossible, on y trouve un duo « rimbaldien » avec Patti Smith. L’album, magnifique, passera inaperçu : on dit que sa diffusion n’était pas à la hauteur. Il est devenu culte pour beaucoup d’amateurs.
Lizzy Mercier-Descloux, à partir du début des années 90, se consacrera principalement à la peinture. Elle vivra en Corse jusqu’à son décès prématuré, à 48 ans, en 2004. Elle aura eu le temps de rencontrer son père, qui jusque là, ignorait son existence.

VLOG #1 TOUT A 1€ !

 

« Névénoé, Coopérative Utopique 1973-1980 » Éditions de Juillet

Le label « Névénoé » est une expérience unique dans la renaissance de la musique bretonne de la fin du XXè siècle. Formé par des artistes installés tout près de Morlaix, à Plounéour-Ménez dans les Monts d’Arrée, il sera un « United Artists of Brittany » créé dans la logique des coopératives, au financement mutualisé et aux contributions croisées. Avec les mots d’aujourd’hui, on peut dire que Patrik Ewen et Gérard Delahaye étaient précurseurs d’une forme d’économie sociale et solidaire… elle dura le temps d’un septennat.

Les Éditions de Juillet publient, début 2017, un ouvrage broché, magnifiquement illustré par des photographies noir et blanc, sous la plume d’Arnaud Le Gouefflec (lui même musicien indépendant et prolifique, pour le label « Église de la Petite Folie« ), Alain-Gabriel Monot et Olivier Polard. Ils entrecroisent habilement un historique du label, depuis la rencontre des fondateurs, jusqu’à sa fin chaotique (et rennaise) au début des années 80, avec des portraits des principaux protagonistes : P. Ewen, G. Delahaye, l’auteur compositeur M. Favennec, le poète trégorois Y. Le Men, la chanteuse Annkrist et la harpiste K. Nogues.

Les périodes de la vie du label y sont détaillées. L’idée de financer les albums des uns par les recettes de ceux des autres, entrainera la formation d’un groupe d’artistes bretons, mais non bretonnants, bretons mais envisageant la musique bretonne comme un mélange subtil d’inspirations locales et d’influences mondiales. Au début des années 70, la chanson folk se déploie dans le monde entier. Sous l’influence des Pete Seeger et autres Bob Dylan, des artistes locaux, armés d’une simple guitare, portent un regard sévère, voire désespéré, sur la société contemporaine.

L’enseigne Névénoé dans les « 100 Marches » à Morlaix

Avec Névénoé, le projet devient collectif. L’artiste intègre le groupe, tout en gardant sa propre identité, chacun venant compléter le travail de l’autre, l’influencer, l’enrichir. L’utopie des débuts laissera place à un processus créatif rationnel et malgré tout débridé. Dans un premier temps, les individus mettent en commun leur enthousiasme et peu à peu, au fil du temps, reprennent leur liberté. Les auteurs montrent comment, peu à peu, après avoir nourri le collectif, chacun se tourne vers une autre direction. Au point que le label prendra des voies inattendues au tournant des années 80, celles du rock et du jazz quasi expérimental.

Fort des témoignages des principaux acteurs du label, l’ouvrage dépeint des personnalités fortes et généreuses, embarquées dans une utopie qu’elles ont su rendre concrète et tangible. Il passe sans doute un peu rapidement sur les derniers soubresauts du label, sans doute moins souhaités par les fondateurs, mais dont les oeuvres sont tout autant passionnantes.

Névénoé est un OVNI dans le paysage musical breton. L’ouvrage qui lui est consacré nous fait vivre de l’intérieur le processus de création, la mise en commun des talents, la maturité du groupe, une forme de lassitude des artistes devenus producteurs, et surtout, comment leur oeuvre leur a échappé, jusqu’à leur devenir étrangère. Aussi frustrante soit cette ultime étape, elle est le symbole de l’expérience artistique la plus courante : l’oeuvre devient ce qu’en fait le public, et aujourd’hui, les disques Névénoé sont recherchés par les collectionneurs de vinyles comme des « Graal ». Une forme de consécration. Les treize albums produits en sept ans et l’ouvrage « Névénoé – Coopérative Utopique 1973-1980 » constituent les deux faces d’une même pièce, parfaitement indissociables et absolument dissemblables.

Un must pour qui s’intéresse à la musique bretonne et que l’on achètera de préférence dans une librairie du centre-ville de Morlaix, après avoir descendu les « 100 Marches », en passant devant le panneau des « Disques et Éditions Névénoé » (voir photo plus haut).

Pour en savoir plus…

Un article sur Névénoé dans ce blog.

Le site des Éditions de Juillet.

 

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

Retour en haut ↑