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Lizzy Mercier Descloux #5 Suspense

Le dernier album de Lizzy Mercier-Descloux s’appelle Suspense. C’est le premier qu’elle fera sans Esteban et se passera également de Kidron, pour se tourner vers Marc Cunningham (ami de New-York, du groupe avant-garde Mars).
Il faut être prudent sur les qualificatifs quand on parle de cet album. Est-il moins bon que les autres ? A croire Michel Esteban c’est le cas mais comment lui reprocher de s’écarter d’un projet dont il a été absent. Pour la première fois, il y avait une vraie pression du label (EMI) qui voulait un hit après l’échec du précédent album. Mais LMD n’est pas une usine à tubes…
C’est sans doute l’album où sa voix a gagné en nuances et qualités. Les compositions sont sans doute moins inspirées. Mais, un disque de Lizzy Mercier-Descloux reste supérieur à tant de musiques qui lui sont contemporaines !
Au final, l’échec commercial du projet va écarter définitivement LMD des studios d’enregistrement. Elle se tournera vers la peinture et se retirera en Corse.
D’elle, ses amis diront que sa plus belle œuvre était sa façon de vivre, son originalité, sa vision, son comportement. Sa musique en est un magnifique témoignage et elle est posée sur une étagère, à portée de mains. En cas de besoin…
Excellents pressages et travail éditorial réalisé par Light In The Attic. À redécouvrir.

Lizzy Mercier-Descloux #4 – One For The Soul

Après le succès du précédent album, enregistré en Afrique du Sud, Lizzy Mercier-Descloux signe avec Polydor et n’a jamais été aussi « bankable ». Mais son projet de mêler cajun de New-Orleans avec musique de Soweto ne verra jamais le jour. Le gouvernement sud-africain refusé le visa de sortie aux musiciens… « Nous étions à sec » dit son producteur Michel Esteban, « plus aucune idée ».
Le Brésil sortait de deux décennies de dictature et apparaissait soudainement comme une nouvelle terre de conquête. Le prochain album se fera donc à Rio de Janeiro. « Moins pour faire de la musique brésilienne que pour y insérer des petites touches locales très discrètes  » indique le producteur.
LMD s’est moins abandonnée au Brésil qu’elle ne l’avait fait à Johannesburg où aux Bahamas. L’idée est de partir sur sa propre signature et de s’orienter comme le suggère le titre vers la soul, le blues et finalement vers le jazz, en arrière plan, avec un invité de marque, Chet Baker.
Toute l’équipe était fan du trompettiste. Contacté alors qu’il donnait un concert à proximité, il accepta de jouer sur cinq morceaux, particulièrement sur Fog Horn Blues. C’est ce projet de chanson qui leur donna l’idée folle d’inviter Chet au studio Polygram de Rio.
Adam Kidron, compagnon de Lizzy, est une nouvelle fois producteur des musiques. Tous évitent de refaire le disque africain et le chant de Lizzy devient moins brut, plus travaillé, plus « soul ». Mais pas autant qu’espéré par le reste de l’équipe. Kidron se rappelle : Lizzy était très instinctive et refusait de faire beaucoup d’enregistrements de la même chanson. De son côté Chef Baker était très diminué par la consommation de drogues depuis tant d’années.
Michel Esteban n’est pas satisfait du résultat et envisage de remixer l’album. Kidron et Mercier-Descloux se brouillent et ne se parleront plus pendant plusieurs années. Au final, pour la première fois, LMD envisageait de faire sans Michel Esteban.

Lizzy Mercier-Descloux #3 « Mais où sont passées les gazelles ? »

Deux ans avant le Graceland de Paul SIMON, Lizzy Mercier-Descloux sort en 1984 un album enregistré dans le quartier de Soweto en Afrique du Sud. La production revient à Adam Kidron, son ami de l’époque. Michel Esteban assumant la coordination. Il y a trois façons d’entrer dans cette album : La politique… sessions d’enregistrement à Johannesburg ; La Française… c’est le disque du tube « Mais où sont passées les gazelles ? » comptines enfantines que les mamans achetaient en masse pour leurs enfants qui aimaient les animaux ; La musicale… LMD signent toutes les paroles et laissent parfois la composition aux musiciens locaux, ce qui donne parfois un faux airs de Johnny Clegg, devenu star mondiale deux ans plus tôt.
Le succès inattendu des Gazelles lui permet de sortir sous le label CBS. Le succès public se complète par les compliments des critiques rock : elle reçoit le Bus d’Acier 1984 au titre de meilleur album de l’année, des mains d’Alain Bashung (précédent lauréat). Décerné par La critique rock jusqu’en 1990, on disait de ce prix qu’il était le  » Goncourt du Rock ».
Pour enchaîner dans la même veine, les musiciens de Soweto devaient l’accompagner dans un second projet, mêlant cette fois musique sud-africaine et cajun de La Nouvelle-Orleans, mais les autorités sud-africaines refusèrent les visas aux musiciens. La future destination sera le Bresil…

Lizzy Mercier Descloux #2 : Mambo Nassau

Au début des années 80, Lizzy Mercier-Descloux et son producteur Michel Esteban quittent New-York pour des aventures plus exotiques. Arrivés, pensent-ils, à la fin d’un cycle, ils partent aux Bahamas, dans la capitale Nassau, moins pour le dynamisme musical du coin, que pour rejoindre le studio Compass Point qui appartient alors à Chris Blackwell (le créateur d’Island Records).
Produit par le jamaïcain Steve Stanley, elle est accompagnée de Wally Badarou, musicien (synthétiseur) du studio, français d’origine béninoise et du bassiste Philippe Le Mongne (futur Taxi Girl). Ils signeront avec elle une partie des musiques.
L’ambiance à Nassau est plutôt relâchée lors de l’enregistrement. Pas de pression. Entre deux prises, les musiciens n’hésitent pas à aller plonger dans l’océan tout proche. Le studio est fortement imprégné des rythmes syncopés à la Tom Tom Club (section rythmique du Talking Heads) ou des ambiances cool et funky du pape de la Blue eyed soul (voisin du studio), Robert Palmer.
Le résultat est un savant mélange de funk, jazz, new-wave et rythmes caraïbes. Wally Badarou témoigne :  » La musique était écrite et retravaillée au fur et à mesure de l’enregistrement. C’était une sorte de ping-pong collectif, entre le producteur Steve, Lizzy, Michel et moi. T’essaies un truc. Les autres te répondent On garde ça ! « 

Lizzy Mercier Descloux #1 Press Color (Light In The Attic – 2016)

En 2016, le label de Seattle « Light In The Attic » rééditait l’ensemble des cinq albums de Lizzy Mercier Descloux, la poétesse française, citoyenne du monde et auteure d’un hit en France en 1984, « Mais où sont passées les gazelles ? » Voici un regard sur ces albums basé principalement (mais pas uniquement) sur les notices intérieures des rééditions (Vivien Goldman et Jackson Heights, 2014). Premier album : Press Color en 1979. 

Au début des années 70, Lizzy Mercier habitait rue des Halles à Paris, avec son oncle et sa tante. Abandonnée par sa mère, elle ne connaissait pas son père, sinon son nom de famille, Descloux. Elle fera de son nom d’artiste Lizzy Mercier-Descloux en espérant attirer son attention.
En face de son appartement, un magasin de vêtements punk, tenu par Michel Esteban. Ensemble, ils vont s’envoler pour New-York et intégrer l’underground. Ils produiront, plusieurs années durant des chroniques sur la musique et les mœurs des jeunes artistes new-yorkais. Habitant la 14è rue avec notamment Patti Smith, LMD se fait remarquer par son attitude et ses vêtements inspirés des romantiques français.
Après une première expérience dans un duo entre punk et expérimentation, Rosa Yemen, elle sortira sous le label de Michel Esteban son premier disque en 1979 « Press Color ». Cet album, comme les quatre autres de LMD, est ressorti en vinyle sous le label américain Light In The Attic, en version 45 tours double (ici La version bleue). A La fin des années 70, dans le sillage de la vague punk, l’incompétence musicale est tendance. LMD et Michel Esteban enregistrent ce disque à New-York, dans un studio disco, mélangeant punk, funk, musique expérimentale et avec une tendance systématique à jouer avec les rythmes et les répétitions, à utiliser la voix comme un instrument. Le savant mélange est identifié aujourd’hui comme partie prenante du mouvement « No Wave » new-yorkais. Outre deux reprises de La musique de Mission Impossible, on y trouve un duo « rimbaldien » avec Patti Smith. L’album, magnifique, passera inaperçu : on dit que sa diffusion n’était pas à la hauteur. Il est devenu culte pour beaucoup d’amateurs.
Lizzy Mercier-Descloux, à partir du début des années 90, se consacrera principalement à la peinture. Elle vivra en Corse jusqu’à son décès prématuré, à 48 ans, en 2004. Elle aura eu le temps de rencontrer son père, qui jusque là, ignorait son existence.

Dr Eugene Chadbourne, Olivier Polard, John Trap, Arnaud Le Gouëfflec « Sessions Fantômes #1 (Eglise de la Petite Folie)

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C’était fin 2014, la fine équipe de l’Église de la Petite Folie recevait Eugene Chadbourne, joueur de banjo américain, virtuose et improvisateur pour une session « fantôme » dans le Far West européen. Deux morceaux du dernier album d’Arnaud Le Gouefflec sur la première face et deux autres dont un collage invraisemblable (expérimental) sur la seconde face. Le tout est un disque dans lequel les chansons sont joyeusement torturées dans l’esprit de créer un moment unique, un son paradoxal. Le banjo du « Docteur Chadbourne » se balade avec ou sans les autres, prenant un malin plaisir à partir au loin avant de revenir à l’unisson, jouant un contre point qui donne un relief particulier aux enregistrements. On imagine les hôtes assurer la rythmique et se tourner vers le virtuose sans savoir où sera la note suivante… Réjouissant.

Le vinyle est transparent. L’artwork est excellent, avec ces galets et autres cailloux qui grimacent avec des yeux ronds.

Église de la Petite Folie

Musique : 4/5

Objet : 5/5

Arnaud Le Gouefflec »Deux fois dans le même fleuve » (Église de la Petite Folie)

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Et si les grands médias passaient à côté, ce serait plus que vraisemblable. Malgré des papiers, dans les Inrocks notament, Arnaud Le Gouefflec ne crève pas l’écran au niveau national, auprès des gens qui font l’opinion. Pas grave pas besoin d’eux pour dire le bien qu’on pense d’une production qui se veut « chanson française expérimentale ». La petite folie d’Arnaud Le Gouefflec, c’est une musique obsédante, une voix qui se pose, grave, à peine chantée et se complait dans le minimalisme ou décroche vers le progressif… Par moments, ça décroche vraiment. Au final, une signature, une tonalité sereine, qui sonne comme un Kat Onoma du 21è siècle (sans le saxo des années 80).

Excellente production du trio Le Gouefflec (écriture), Polard (composition) et Trap (arrangements).

Église de la Petite Folie

Musique : 4/5

Objet : 3/5. Le vinyle sonne parfaitement malgré de nombreuses traces (non identifiées) sur le disque. Pochette de qualité (sauf la pochette intérieure, mais ça se remplace), accompagnée d’une feuille complémentaire pour les paroles.

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